Le Guide de la Montagne

Éditions Guérin
Sport (Montagne)
Extrait de traduction: 

TEXTE ANGLAIS

 

Chapitre 14 - Escalade en tête

TEXTE FRANÇAIS

 

 

Chapitre 14 - Escalade en tête

 

L’escalade est un ballet interprété par le grimpeur et l’assureur. Le premier de cordée choisit l’itinéraire, place les points de protection et fixe le rythme de l’ascension. L’assureur donne du mou en cadence et anticipe les besoins du premier. L’assurage est un véritable contrat de confiance entre les deux partenaires d’escalade, qui les lie à la roche. Le premier de cordée accepte la responsabilité, les risques et le plaisir de grimper en tête pendant que l’assureur, lui, se tient prêt à stopper sa chute.

 

Imaginez deux grimpeurs perchés dans une paroi, scène commune de bien des montagnes. Le premier est engagé dans une fissure, sa corde traverse les nombreux points de protection qui jalonnent sa longueur et descend jusqu'à l’assureur, installé au relais sur une vire.

         Le premier tire d’un coup sec sur le coinceur qu’il vient d’insérer dans la fissure. Attrapant d’une main la corde reliée à son baudrier, il la soulève et la mousquetonne au point d’assurage. Son assureur lui crie « moitié de corde ! » pour lui indiquer que la moitié de la corde a été déroulée. Le grimpeur prend une grande inspiration, change de main dans la fissure et baisse le bras en le secouant. Il lève les yeux pour étudier l’itinéraire.

         La fissure s’étire, droite et raide, et il remarque quelques trous irréguliers dans lesquels les coincements de main feront merveille. Il prépare sur son rack un coinceur qu’il pourra placer idéalement d’ici quelques mouvements, une fois le meilleur trou atteint. Il répète mentalement les mouvements, puis reprend son ascension.

            L’escalade en tête requiert des dispositions techniques, physiques et mentales. Mais comment savoir si vous êtes prêt ? Les autres grimpeurs peuvent vous dire si votre niveau et vos compétences sont suffisants, mais vous seul pouvez juger de votre préparation mentale, et vous devez pour cela chercher au fond de vous-même. Commencez par vous entraîner ; cela vous aidera à prendre confiance. Placez des points de protection, installez des relais, assurez, révisez vos manipulations de corde et votre connaissance des mécanismes de chute. Travaillez les techniques d’escalade, les méthodes de sélection et de placement de matériel de protection, le choix d’un itinéraire. Quand vous grimpez en second, ne perdez pas une occasion d’observer et d’apprendre : le jugement naît de l’expérience.

 

Recommandation: 

« La longueur du texte (plus de 600 pages) nous a conduit à confier la traduction à trois traducteurs. Mathieu se chargea des chapitres les plus complexes et assez rapidement prit en charge la coordination de l’ensemble. La difficulté de l’exercice était double :

  • traduire en français un ouvrage comprenant de nombreux termes et concepts techniques très précis, avec un enjeu majeur en terme de pédagogie et de sécurité, inhérent aux dangers des pratiques d’alpinisme
  • adapter à la culture alpine européenne un ouvrage à l’origine destiné aux alpinistes anglo-saxon, en conservant l’originalité du rapport à l’environnement tout en le rendant utilisable dans le monde entier .

Mathieu réussit à remplir tous les objectifs fixés par Michel Guérin, et cet ouvrage est devenu un classique du catalogue des Editions Guérin et une de ses meilleures ventes. »

 

Vincent Desjuzeur, ancien directeur de collection aux Éditions Guérin